Décryptage : les bâtisseurs du Service national n'ont réprimé

Décryptage : les bâtisseurs du Service national n'ont réprimé

Le 12 juin 2026, les membres de la Coalition Article 64 ont organisé un sit‑in devant le Palais du peuple afin de protester contre le projet de révision constitutionnelle. Selon les rapports, les forces de l’ordre ont réagi avec violence, dispersant les manifestants à proximité du bâtiment officiel.

Six jours après cet épisode, le 18 juin, le Service national a commencé à déployer des équipes qualifiées de « bâtisseurs » dans les rues de Kinshasa. Leur mission, explicitée par les autorités, était de ramasser les déchets accumulés dans la capitale. Cette opération s’est poursuivie à partir du 20 juin, avec des équipes visibles dans différents quartiers, armées de balais et de bennes.

Parallèlement à ces faits, une rumeur s’est répandue sur les réseaux sociaux, affirmant que les mêmes bâtisseurs, recrutés parmi d’anciens membres du groupe armé « kuluna », seraient employés par le pouvoir pour réprimer l’opposition. Cette thèse a rapidement circulé, alimentée par la proximité temporelle des deux événements.

Une analyse minutieuse des sources disponibles montre que le lien avancé entre la répression du sit‑in du 12 juin et le déploiement des bâtisseurs du Service national à partir du 20 juin ne repose sur aucune preuve concrète. Les deux faits, bien que réels, sont distincts : le premier concerne une action de maintien de l’ordre lors d’une manifestation politique, le second relève d’une initiative de nettoyage urbain.

Le terme « bâtisseurs » désigne ici les agents du Service national chargés de travaux publics et de services communautaires, notamment la collecte des ordures. Aucun document officiel ou déclaration des autorités n’indique que ces agents aient reçu des consignes de répression politique. De même, les rapports sur la dispersion du sit‑in ne mentionnent pas la participation de ces mêmes agents.

Le mélange de ces deux réalités a créé une impression erronée selon laquelle le pouvoir utiliserait les bâtisseurs comme instrument de répression. Cette désinformation a prospéré grâce à un calendrier serré : la manifestation du 12 juin, suivie de près par le lancement des opérations de nettoyage. Le manque de précision dans les messages diffusés a permis à la rumeur de se développer sans être contestée immédiatement.

En l’absence de toute source confirmant l’implication des bâtisseurs dans des actions de répression, la conclusion la plus fiable est que l’accusation est infondée. Les faits établis restent séparés : violence policière le 12 juin et opération de nettoyage à partir du 20 juin.

Cette mise au point souligne l’importance de vérifier les informations avant de les partager, surtout lorsqu’elles mêlent des événements distincts et peuvent alimenter des tensions politiques. Les lecteurs sont invités à consulter les rapports officiels et à se méfier des affirmations qui ne reposent pas sur des preuves tangibles.