Le 7 juillet 2026, un groupe de fidèles catholiques a pris la plume pour adresser une missive officielle à la nonciature apostolique en République démocratique du Congo. Ce collectif, qui s’est désigné sous le nom de Dynamique des catholiques pour le respect de la liberté des consciences des fidèles, a exprimé son inquiétude face à ce qu’il perçoit comme une instrumentalisation politique des rites religieux par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Dans le courrier, les signataires ont souligné que la récente révision constitutionnelle en cours, qui prévoit notamment des ajustements relatifs à la place des cultes dans la sphère publique, risque d’être détournée à des fins partisanes. Selon eux, la CENCO aurait adopté une posture qui dépasse le cadre purement spirituel pour s’immiscer dans le débat politique, compromettant ainsi la liberté de conscience garantie par la Constitution.
Le texte, rédigé en français et destiné à être transmis au Saint-Père, le pape Léon XIV, expose clairement la crainte que les fidèles ressentent : que leurs pratiques religieuses soient soumises à des pressions ou à des influences extérieures, notamment de la part d’acteurs politiques cherchant à mobiliser le vote ou à légitimer leurs actions par le biais de l’Église.
Le collectif a également rappelé les principes fondamentaux de la laïcité et de la séparation des institutions religieuses et de l’État, tels qu’inscrits dans la Constitution de 2006, tout en appelant la CENCO à revenir à une posture neutre et à respecter la pluralité des convictions. Il a demandé à la nonciature de porter la question auprès du Vatican afin d’obtenir un avis canonique et, le cas échéant, d’intervenir pour garantir le respect de la liberté religieuse.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une dynamique plus large de contestation qui a émergé depuis le lancement du projet de révision constitutionnelle. Plusieurs organisations de la société civile, ainsi que des personnalités publiques, ont exprimé leurs réserves quant aux modifications proposées, notamment celles relatives à la reconnaissance officielle des cultes et à la place de la religion dans les institutions publiques.
Le média 7sur7 a relayé l’information, précisant que la lettre a été signée par plusieurs laïcs et prêtres, bien que leurs noms n’aient pas été rendus publics dans le communiqué initial. Aucun représentant officiel de la CENCO n’a encore réagi publiquement à ces accusations au moment de la rédaction de cet article.
Les observateurs politiques soulignent que le contexte actuel, marqué par des tensions électorales et des débats sur la gouvernance, rend particulièrement sensible toute perception d’ingérence religieuse dans le processus décisionnel. Ils rappellent que la Constitution congolaisement révisée doit garantir la liberté de conscience tout en assurant la neutralité de l’État vis-à-vis des convictions religieuses.
En attendant une réponse officielle de la part du Saint-Siège ou de la CENCO, le collectif a indiqué qu’il poursuivra son action de sensibilisation auprès des fidèles, des autorités locales et des médias, afin de mettre en lumière les risques d’une politisation accrue des cultes. Il a également appelé les croyants à rester vigilants et à défendre leurs droits fondamentaux, conformément aux enseignements de l’Église catholique sur la dignité humaine et la liberté de conscience.
Cette affaire illustre la complexité des rapports entre religion et politique en République démocratique du Congo, où les institutions religieuses jouent souvent un rôle influent dans la vie publique. Le suivi de ce dossier sera déterminant pour évaluer l’impact de la révision constitutionnelle sur le paysage religieux et politique du pays.