Dans une tribune publiée le 10 juillet 2026, l'auteur, membre de l'équipe de rédaction de TouteNews, a présenté une réflexion approfondie sur la situation de la foresterie communautaire en République démocratique du Congo (RDC). L'analyse s'appuie sur le compte‑renduc d'un atelier de réflexion initié par l'organisation environnementale Tropenbos RDC, en collaboration avec le World Resources Institute (WRI).
L'auteur estime que, malgré le chiffre impressionnant de six millions d'hectares de forêts officiellement octroyés aux communautés, la réalité de la gestion et de l'exploitation de ces terres reste largement entravée. Les experts présents à l'atelier ont souligné que des goulots d'étranglement d'ordre administratif et financier freinent la mise en œuvre effective des droits communautaires. Cette constatation, jugée interpellatrice, met en lumière l'écart entre les engagements politiques affichés et les capacités opérationnelles sur le terrain.
L'auteur considère que la province de la Tshopo illustre parfaitement ce paradoxe. Avec plus de 1,2 million d'hectares placés sous contrôle communautaire, répartis en quarante‑cinq concessions, la Tshopo se trouve en première ligne d'une réforme de fond. Cette province, riche en biodiversité et en ressources forestières, a su mobiliser les communautés locales autour de projets de gestion durable, mais se heurte aux mêmes obstacles systémiques relevés au niveau national.
Dans le même temps, l'auteur souligne que l'atelier a permis de dégager plusieurs axes de travail prioritaires. Parmi eux, la simplification des procédures d'attribution et de suivi des concessions, ainsi que le renforcement des mécanismes de financement participatif, apparaissent comme des leviers essentiels pour débloquer le potentiel de la foresterie communautaire. L'auteur estime que ces mesures pourraient transformer les droits de gestion en droits réels d'exploitation, tout en assurant la préservation des écosystèmes forestiers.
L'auteur considère que la participation active de Tropenbos RDC et du WRI constitue un facteur d'accélération non négligeable. En apportant une expertise technique et en facilitant le dialogue entre les autorités publiques, les organisations de la société civile et les communautés, ces acteurs ont créé un cadre propice à l'émergence de solutions concrètes. L'auteur estime que la pérennité de cet effort dépendra toutefois de l'engagement continu des pouvoirs publics à lever les freins administratifs et à sécuriser les flux financiers destinés aux projets communautaires.
Enfin, l'auteur rappelle que la mise en place d'un suivi transparent et d'indicateurs de performance est indispensable pour mesurer les progrès réalisés. La publication de rapports réguliers, accessibles à toutes les parties prenantes, permettrait de renforcer la confiance et d'ajuster les stratégies en fonction des résultats observés. L'auteur considère que la Tshopo, en tant que laboratoire de cette réforme, pourrait offrir un modèle reproductible dans d'autres provinces congolaises, à condition que les leçons tirées de l'atelier soient traduites en actions concrètes.
En conclusion, l'auteur invite les décideurs, les bailleurs de fonds et les acteurs de terrain à considérer la foresterie communautaire comme une véritable opportunité de concilier développement économique et préservation de la biodiversité. La Tshopo, avec ses 1,2 million d'hectares sous gestion communautaire, montre la voie d'une réforme de fond, mais son succès dépendra de la capacité collective à lever les obstacles administratifs et financiers qui subsistent aujourd'hui.
