Goma, 24 août 2025 : le M23 crée une police « révolutionnaire »

Goma, 24 août 2025 : le M23 crée une police « révolutionnaire »

Goma, 24 août 2025 : le M23 crée une police « révolutionnaire »

Policiers du M23 en tenue à Goma

Le 24 août 2025, les rues de Goma ont vu défiler, pour la première fois, des hommes et des femmes en uniforme identifiables comme policiers de la rébellion M23. L’apparition de ces forces de l’ordre, présentées comme « révolutionnaires », a été annoncée le même jour par le porte-parole du groupe armé, identifié dans le rapport de l’ONU comme le « général » Sultani Makenga (CDi.008).

Lors d’une cérémonie improvisée au cœur de la ville, les combattants du M23 ont défilé aux côtés des nouvelles recrues, soulignant le caractère symbolique de la démarche : il s’agit d’une tentative de remplacer les fonctions régaliennes traditionnellement assurées par le gouvernement de Kinshasa. Le même jour, le mouvement a déclaré que la nouvelle force serait chargée de la sécurité intérieure dans toutes les zones urbaines sous son contrôle.

Le rapport à mi‑parcours du Groupe d’experts de l’ONU, référencé sous le code S/2025/858, consigne cette manœuvre comme un instrument de gouvernance parallèle. Le texte précise que la création de cette police vise à établir un pouvoir de fait dans les villes occupées, en se substituant aux autorités nationales. Le rapport ne fournit pas de chiffres détaillés sur le nombre de policiers recrutés, mais il souligne que la mise en place de ce dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation du contrôle territorial.

Le contexte de cet événement s’inscrit dans le soutien déclaré de Kigali à la rébellion. Bien que le texte source ne détaille pas la nature exacte de ce soutien, il indique clairement que la rébellion bénéficie d’une assistance extérieure, ce qui explique la présence de forces de l’ordre à l’apparence « rwandaises » dans la ville de Goma.

Les habitants de Goma, témoins directs du défilé, ont observé les uniformes, les insignes et les véhicules associés à la nouvelle police. Aucun incident violent n’a été signalé pendant la manifestation, mais la simple visibilité de ces agents a suscité de nombreuses interrogations quant à la légitimité et à la portée de leurs missions.

Le « général » Sultani Makenga, qui a prononcé l’annonce officielle, a déclaré que la force serait « au service du peuple » et qu’elle contribuerait à rétablir l’ordre dans les zones où l’État central était jugé absent. Cette déclaration figure mot pour mot dans le rapport de l’ONU, qui la cite comme preuve de la volonté du M23 d’instaurer une administration autonome.

En parallèle, le rapport de l’ONU souligne que la création de cette police pourrait compliquer les efforts diplomatiques visant à rétablir la souveraineté de Kinshasa sur l’ensemble du territoire congolais. La communauté internationale, représentée par les experts du groupe, a mis en garde contre les risques d’une escalade de la fragmentation de l’État, notamment si d’autres structures parallèles venaient à se développer dans les zones contrôlées par le M23.

Pour les observateurs, la mise en place d’une police « révolutionnaire » représente une étape marquante dans l’évolution du conflit. Au lieu de se limiter à des actions militaires, le M23 semble désormais chercher à instaurer des institutions civiles, même si celles‑ci restent étroitement liées à l’appareil militaire du groupe.

Le 24 août 2025 restera donc une date clé dans le déroulement du conflit au Kivu du Nord, marquée par la première démonstration publique d’une force de sécurité interne portée par une organisation rebelle. Les prochains mois permettront de mesurer l’impact réel de cette initiative sur la vie quotidienne des habitants de Goma et sur les dynamiques du conflit plus large.