Le mardi 7 juillet 2026, la Chambre des comptes déconcentrée de Bukavu a ouvert ses portes pour une audience qui a placé au centre de l’attention le gouverneur du Maniema, Mussa Kabwankubi Moïse. L’enjeu était la gestion d’une opération financière de 840 millions de francs congolais, jugée contraire aux règles de gestion des fonds publics.
Devant les juges de la Cour des comptes, les faits présentés ont indiqué qu’une somme importante avait d’abord été retirée d’un compte provincial domicilié à la Banque centrale du Congo. Cette somme aurait ensuite été virée vers un compte bancaire privé appartenant à un individu identifié sous le nom d’Amisi Makutano.
Le ministère public, présent lors de l’audience, a souligné que le transfert semblait s’écarter des procédures habituelles de contrôle et de traçabilité des dépenses publiques. Selon les éléments fournis, aucune autorisation officielle n’aurait été enregistrée pour justifier une telle opération, ce qui a alimenté les soupçons de mauvaise gestion.
Les magistrats de la Cour des comptes ont examiné les pièces comptables soumises par le ministère public ainsi que les réponses du cabinet du gouverneur. Aucun document ne semblait attester d’une décision formelle autorisant le déplacement de ces fonds vers un compte privé.
Au cours de la séance, les avocats de la défense ont demandé des précisions sur la nature exacte du compte de destination et sur les raisons invoquées par le gouverneur pour ordonner le transfert. La Cour a rappelé que la transparence dans la gestion des deniers publics constitue un pilier essentiel de la confiance citoyenne.
Après avoir entendu les arguments des deux parties, les juges ont indiqué qu’ils prendraient le temps nécessaire pour analyser en profondeur les documents comptables, les correspondances internes et les éventuels témoignages qui pourraient éclaircir la légitimité de l’opération.
Le public présent dans la salle d’audience était composé de représentants des médias, de membres de la société civile et de quelques fonctionnaires de la province du Maniema. Tous ont suivi attentivement le déroulement de l’audience, conscients de l’impact potentiel de cette affaire sur la perception de la gouvernance provinciale.
Dans le même temps, les autorités provinciales du Maniema ont publié un communiqué officiel, précisant que le gouverneur était pleinement coopératif avec la Cour des comptes et que toutes les démarches nécessaires seraient entreprises pour éclaircir la situation.
Les observateurs politiques ont souligné que cette affaire, bien que centrée sur un montant précis, pouvait avoir des répercussions plus larges sur la manière dont les provinces gèrent leurs ressources financières. La question de la surveillance des flux financiers interprovinciaux a ainsi été mise en avant.
En dehors de la salle d’audience, les réseaux sociaux ont vu s’animer de nombreuses réactions, certains appelant à une enquête approfondie, d’autres rappelant la nécessité de respecter la présomption d’innocence tant que la procédure judiciaire n’est pas terminée.
Le juge président de la séance a conclu en rappelant que la Cour des comptes poursuivait son mandat de contrôle et de vérification des dépenses publiques, et que toute irrégularité devait être traitée avec rigueur et impartialité.
L’audience s’est terminée dans le respect du protocole judiciaire, les parties étant invitées à soumettre leurs observations complémentaires dans les délais impartis. Le dossier reste ouvert et sera suivi de près par les instances de contrôle et les médias.
