HRW exige poursuites, abolition de peine de mort | TouteNews

HRW exige poursuites, abolition de peine de mort | TouteNews

Dans une tribune publiée le 29 juin 2026, Human Rights Watch (HRW) a salué la décision de la Haute Cour militaire de Kinshasa qui, le 5 juin 2026, a confirmé la condamnation en appel du colonel Jean de Dieu Mambweni pour le meurtre des experts de l’ONU Zaida Catalán et Michael J. Sharp. L'organisation a toutefois profité de ce texte pour rappeler que la justice ne doit pas s’arrêter à un seul verdict et a appelé les autorités congolaises à poursuivre les investigations jusqu’aux plus hauts responsables impliqués, ainsi qu’à abolir la peine de mort.

L’auteur de la tribune, Ida Sawyer, directrice de la division Crises, conflits et armes de Human Rights Watch, estime que la décision rendue constitue « un pas important, mais insuffisant », soulignant que la responsabilité des commanditaires du crime reste largement non élucidée. Elle rappelle que les experts de l’ONU, mandatés pour surveiller les violations des droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo, ont été ciblés alors qu’ils documentaient des abus graves. Leur assassinat, survenu en 2023, a choqué la communauté internationale et mis en lumière l’impunité qui règne souvent autour des crimes contre les droits humains.

L’auteur souligne que la condamnation du colonel Mambweni, bien qu’elle marque une avancée juridique, ne doit pas masquer le fait que les commanditaires – souvent des cadres supérieurs de l’armée ou des groupes armés – n’ont pas encore été traduits en justice. Selon elle, « la véritable justice ne peut être rendue que si les enquêtes s’étendent aux décideurs qui ont planifié et ordonné ces meurtres ». Cette position reflète la position de HRW depuis plusieurs années, qui milite pour une responsabilité accrue des chefs militaires et politiques dans les conflits armés.

Par ailleurs, la tribune insiste sur l’impératif d’abolir la peine de mort en République démocratique du Congo. HRW rappelle que la peine capitale, encore en vigueur dans le pays, constitue une violation du droit à la vie et un obstacle majeur à la protection des droits humains. L’organisation argue que, même dans les affaires les plus graves, la peine de mort ne garantit pas la dissuasion et alimente plutôt un climat de violence et d’injustice. En appelant à son abolition, HRW s’inscrit dans une campagne internationale visant à faire pression sur les États pour qu’ils adoptent des législations plus respectueuses des droits fondamentaux.

Le contexte de ces appels s’inscrit dans un climat de tensions persistantes dans l’est de la RDC, où les groupes armés continuent d’opérer malgré les accords de paix. Les experts de l’ONU, mandatés par le Secrétaire général, travaillaient sur des rapports détaillant les violations des droits humains, y compris les détentions arbitraires, les exécutions extrajudiciaires et les déplacements forcés. Leur assassinat a mis en évidence les risques encourus par les travailleurs humanitaires et a suscité une vague d’inquiétude au sein de la communauté internationale.

L’auteur de la tribune rappelle également que la condamnation du colonel Mambweni a été rendue possible grâce à la pression exercée par les organisations de la société civile, les médias et les partenaires internationaux. Elle souligne que la coopération entre les autorités judiciaires congolaises et les instances internationales a été cruciale pour garantir un procès transparent. Cependant, elle avertit que sans un engagement soutenu des autorités congolaises à poursuivre les enquêtes, les victimes et leurs familles risquent de rester sans réponses complètes.

En conclusion, la tribune de Human Rights Watch, publiée le 29 juin 2026, combine une reconnaissance du progrès juridique accompli avec une mise en garde claire contre la complaisance. L’appel à poursuivre les investigations jusqu’aux plus hauts responsables et à abolir la peine de mort vise à renforcer la responsabilité et à promouvoir un système judiciaire qui respecte pleinement les droits humains. L’auteur invite les décideurs congolais à saisir cette opportunité pour montrer un véritable engagement envers la justice et la dignité humaine.

Illustration du verdict du colonel Mambweni