Kinshasa accuse le régime Kagame de piller minerais à l'ONU

Kinshasa accuse le régime Kagame de piller minerais à l'ONU

Le 17 juillet 2026, les représentants de Kinshasa ont pris la parole lors d'une session de l'Organisation des Nations Unies pour dénoncer le régime du président rwandais Paul Kagame, l'accusant de piller les minerais congolais. Cette prise de position s'inscrit dans la continuité de la politique du président congolais Félix Tshisekedi, qui n’a pas modifié son analyse de la guerre qui sévit dans l’est du pays.

Selon les autorités congolaises, l’enjeu dépasse désormais les simples considérations techniques ou économiques. Il est qualifié d’existentiel, le pays étant riche des minerais les plus convoités au niveau mondial, mais subissant les conséquences les plus lourdes de la convoitise internationale. Le prix payé par la population et les institutions congolaises est décrit comme le plus élevé de cette ruée mondiale sur les ressources naturelles.

Au cœur du drame, le nom de Rubaya revient de façon récurrente. Ce bassin minier, situé dans la province du Nord‑Kivu, a été pris par la rébellion de l’AFC‑M23, qui, selon Kinshasa, bénéficie du soutien direct de l’armée rwandaise. La perte de ce site stratégique, riche en coltan et en d’autres minéraux stratégiques, est présentée comme une illustration concrète de la cause profonde du conflit.

Les autorités congolaises affirment que l’exploitation qui s’y déroule n’est plus une simple activité industrielle, mais un pillage organisé. Elles dénoncent le silence, voire la complicité, de la communauté internationale face à ce phénomène. Le terme « pillage organisé » est utilisé pour souligner le caractère systématique et planifié de l’extraction illégale, qui se déroule sous le couvert d’une relative impunité.

Dans le même temps, la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo a présenté des preuves de l’exploitation illicite de ces ressources. Bien que les détails de ces preuves ne soient pas explicités dans le compte rendu, la ministre a souligné la nécessité d’une action internationale afin de mettre fin à ce trafic qui alimente la guerre.

Le discours à l’ONU a également rappelé que la situation dans l’est du Congo n’est plus uniquement un problème local. La présence de groupes armés soutenus par des acteurs extérieurs, dont le régime rwandais, transforme le conflit en une crise régionale, avec des répercussions sur la stabilité du Grand Lac et sur les flux migratoires.

Le gouvernement congolais a appelé les Nations Unies et les autres instances multilatérales à renforcer les mécanismes de suivi et de contrôle des exportations de minerais. L’objectif affiché est de garantir que les ressources naturelles du pays ne financent plus les conflits armés, mais contribuent au développement économique et social de la population.

Par ailleurs, les autorités ont souligné que la communauté internationale doit cesser d’adopter une attitude de « silence coupable ». Elles demandent une prise de conscience collective et une pression diplomatique accrue sur les pays et les entreprises qui, de près ou de loin, profitent du commerce illicite des minerais congolais.

Le gouvernement de Kinshasa a rappelé que la guerre dans l’est du Congo a des dimensions humaines dramatiques : déplacements massifs de populations, violations des droits humains et dégradation des infrastructures. Le lien entre le financement du conflit par le pillage des minerais et ces souffrances est présenté comme une chaîne causale à rompre.

En conclusion, la dénonciation à l’ONU s’inscrit dans une stratégie plus large du président Tshisekedi, visant à mobiliser l’opinion internationale et à obtenir un soutien concret pour mettre fin aux activités de la M23 et à son soutien extérieur. La communauté internationale est invitée à agir de manière décisive pour restaurer la souveraineté du Congo sur ses ressources naturelles.

Cette intervention marque une étape importante dans la diplomatie congolaise, qui cherche à transformer les accusations en actions concrètes. Le gouvernement espère que la mise en lumière du rôle du régime Kagame dans le pillage des minerais incitera les instances internationales à renforcer les sanctions et à soutenir les initiatives de suivi des chaînes d’approvisionnement.

Enfin, Kinshasa a réaffirmé son engagement à protéger les intérêts nationaux et à défendre le droit du peuple congolais à jouir des fruits de ses ressources, sans ingérence ni exploitation illicite. Le message adressé à l’ONU est clair : la communauté internationale doit choisir entre le silence et l’action, et le choix doit se porter sur la justice et la paix.