Le 3 juillet 2026, le conseil d'administration de la Minière des Bakwanga (MIBA) a formellement mis en cause le directeur général, André Kabanda Kana, en raison d’une gestion qualifiée d’opaque et d’une violation des statuts de l’entreprise. Au centre de la contestation, une dépense de deux millions de dollars effectuée sans recourir à un appel d’offres, ce qui a conduit le conseil à envisager des mesures disciplinaires.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une session extraordinaire du conseil qui s’est tenue le 17 juin 2026. Au cours de cette réunion, les administrateurs ont unanimement décidé de transmettre le dossier du dirigeant à la ministre du Portefeuille, Julie Mbuyi Shiku, afin d’envisager une « exclusion temporaire avec privation de rémunération ». Cette mesure, bien que provisoire, reflète la gravité des griefs soulevés par les membres du conseil.
André Kabanda Kana, nommé à la tête de la MIBA par ordonnance présidentielle le 20 décembre 2023, était chargé de relancer une société publique qui traverse depuis plusieurs années une période de difficultés économiques et opérationnelles. Sa nomination avait été présentée comme un tournant destiné à redresser la situation financière et à restaurer la confiance des partenaires et des investisseurs.
Les faits reprochés à Kabanda concernent spécifiquement l’utilisation de deux millions de dollars sans procédure d’appel d’offres, ce qui constitue, selon le conseil, une violation directe des statuts de la société. L’absence de transparence dans la dépense a été décrite comme une « gestion opaque », mettant en doute la conformité des décisions prises par le directeur général.
Le conseil d’administration a rappelé que la MIBA, en tant qu’entreprise publique, doit respecter des règles strictes de gouvernance et de passation des marchés. La dépense non justifiée a été perçue comme un risque supplémentaire pour une société déjà en proie à une crise de gouvernance, aggravant ainsi les inquiétudes quant à la viabilité de ses projets de relance.
En réponse à ces accusations, la ministre du Portefeuille, Julie Mbuyi Shiku, a été saisie du dossier. Le rôle de la ministre consiste à examiner les éléments présentés par le conseil et à décider des suites à donner, notamment la mise en œuvre d’une exclusion temporaire du directeur général, accompagnée d’une privation de rémunération pendant la période d’enquête.
Cette suspension, bien que provisoire, marque un nouveau coup de frein à la tentative de relance de la MIBA. Les observateurs notent que la décision du conseil d’administration reflète une volonté de rétablir une gouvernance plus stricte et de prévenir toute nouvelle dérive financière au sein de l’entreprise.
Le contexte de cette affaire s’inscrit dans une série de défis rencontrés par la MIBA depuis plusieurs années. L’entreprise publique, historiquement un pilier du secteur minier national, a vu ses performances diminuer en raison de problèmes de gestion, de financement et de conformité aux normes internationales.
La suspension de Kabanda intervient donc à un moment où la MIBA cherche à regagner la confiance des parties prenantes, tant au niveau national qu’international. La décision du conseil d’administration, soutenue par la ministre du Portefeuille, vise à instaurer une plus grande transparence et à garantir que les dépenses futures soient soumises à un contrôle rigoureux.
Pour les employés de la MIBA, la suspension du directeur général représente une incertitude quant à la direction future de l’entreprise. Cependant, le conseil a souligné que la mesure était temporaire et que le processus d’enquête permettrait de déterminer les responsabilités exactes et les éventuelles sanctions supplémentaires.
Les partenaires économiques et les institutions financières qui collaborent avec la MIBA suivent de près l’évolution de ce dossier. La transparence annoncée par le conseil d’administration et la participation de la ministre du Portefeuille sont perçues comme des étapes essentielles pour restaurer la crédibilité de la société auprès des investisseurs.
En conclusion, le 3 juillet 2026 a marqué le point de départ d’une procédure disciplinaire majeure au sein de la Minière des Bakwanga. La suspension temporaire du directeur général, André Kabanda Kana, pour une dépense de deux millions de dollars effectuée sans appel d’offres, illustre les tensions actuelles autour de la gouvernance de l’entreprise publique. Le suivi de l’enquête menée par la ministre du Portefeuille sera déterminant pour l’avenir de la MIBA et pour la mise en place de pratiques de gestion plus rigoureuses.