Tribune d'Adolphe Muzito : libérer la RDC avant votes 2028

Tribune d'Adolphe Muzito : libérer la RDC avant votes 2028

Dans une tribune publiée le 16 juillet 2026, l’ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo, Adolphe Muzito, a rappelé que, dans le contexte actuel de conflit armé, la priorité du pays doit être la libération du territoire avant toute perspective électorale.

L’auteur estime que les élections générales prévues en 2028, bien qu’importantes, ne peuvent être envisagées que si la souveraineté du pays est d’abord rétablie. Selon lui, la situation sécuritaire impose de concentrer les efforts sur la défense du territoire et sur la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du sol congolais.

« En temps de guerre, la légitimité consiste d’abord à libérer le pays : regardez le cas de l’Ukraine où Volodymyr Zelensky est encore au pouvoir », a-t-il déclaré. Cette comparaison vise à souligner que la légitimité d’un gouvernement repose avant tout sur sa capacité à protéger et à récupérer son territoire.

L’auteur considère que le débat politique qui anime la RDC depuis plusieurs mois doit être recentré sur la question de la sécurité. Il rappelle que, depuis le déclenchement du conflit, de nombreuses régions du pays sont sous le contrôle de groupes armés, ce qui entrave la mise en œuvre de toute politique publique, y compris le processus électoral.

Dans le même temps, l’ancien Premier ministre met en garde contre l’idée de préparer les élections sans d’abord garantir la liberté de circulation, la sécurité des électeurs et le bon fonctionnement des institutions étatiques. Il estime que toute tentative d’organisation du vote dans un pays partiellement occupé par des forces non étatiques risquerait de compromettre la crédibilité du scrutin.

Adolphe Muzito souligne également que la communauté internationale, tout en soutenant les projets de réforme électorale, doit d’abord appuyer les initiatives de sécurisation du territoire. Il invite les partenaires extérieurs à concentrer leurs aides sur le désarmement, le rétablissement de la présence de l’armée congolaise et la reconstruction des infrastructures essentielles dans les zones libérées.

L’auteur estime que la priorité de libération ne signifie pas la mise de côté des réformes politiques, mais plutôt une réorganisation des priorités afin que la souveraineté soit réaffirmée avant d’entamer les débats sur le calendrier électoral, le cadre juridique ou les modalités de vote.

En rappelant le cas de l’Ukraine, il montre que la persistance d’un chef d’État en fonction, même en période de guerre, repose sur la capacité à défendre le pays. Il suggère ainsi que la continuité de l’autorité congolaise dépendra de la réussite des opérations de libération du territoire.

Le débat qui se poursuit au sein de la classe politique congolaise, selon l’auteur, doit donc se recentrer sur la question de la souveraineté. Il invite les acteurs nationaux à éviter les divisions partisanes qui pourraient affaiblir la lutte contre les groupes armés et à s’unir autour d’un objectif commun : la libération totale du pays.

Enfin, l’ancien Premier ministre conclut en appelant à une mobilisation nationale et internationale pour que, d’ici 2028, la RDC puisse organiser des élections dans un climat de paix et de souveraineté pleinement rétablie. Il laisse entendre que la réussite de ce processus dépendra de la capacité du pays à libérer son territoire avant de se projeter dans le futur électoral.