Ultimatum américain au Rwanda ignoré : la crise au Congo

Ultimatum américain au Rwanda ignoré : la crise au Congo

Dans une interview accordée aux journalistes de TouteNews, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rappelé les grandes lignes de l’ultimatum que Washington a fixé le 4 juin 2026. Il a expliqué que les forces rwandaises, désignées dans le texte comme les RDF, devaient quitter les zones occupées par le groupe rebelle M23/AF C avant la mi‑juillet, sans aucune prolongation prévue dans le cadre de l’accord de paix signé à Washington.

Interrogé sur la portée de cette « ligne rouge », il a déclaré que l’objectif était de garantir la stabilité dans les provinces du Nord‑Kivu et du Sud‑Kivu, où les combats entre les forces congolaises et les rebelles soutenus par le Rwanda avaient fait des milliers de victimes. « Nous avons donné une échéance claire », a‑t‑il affirmé, « et nous attendons que toutes les parties respectent leurs engagements ».

À la question de savoir comment les autorités américaines réagissaient face à l’absence de retrait, il a répondu que Washington surveillait de près la situation sur le terrain et que les partenaires internationaux étaient invités à exercer une pression diplomatique accrue. Il a souligné que « aucune prolongation n’a été annoncée au-delà de cette date butoir », rappelant ainsi la fermeté de la position américaine.

Le secrétaire d’État a ensuite commenté les constats faits par le gouvernement congolais. Selon les informations communiquées, les positions des forces rwandaises sont restées figées tant au Nord‑Kivu qu’au Sud‑Kivu après le 15 juillet 2026. « Le terrain ne reflète pas toujours les engagements écrits », a‑t‑il constaté, ajoutant que les autorités de Kinshasa avaient même accusé les troupes rwandaises d’attaques répétées dans les hauts plateaux de Minembwe.

Interrogé sur la réaction du gouvernement congolais, il a indiqué que, bien que la capitale, Kinshasa, n’ait pas officiellement réagi après le 15 juillet, elle avait déjà sonné l’alerte quelques jours auparavant, signalant une montée des violences. « Le Congo a exprimé son inquiétude dès le début du mois », a‑t‑il précisé, « et continue de solliciter le soutien de la communauté internationale pour faire respecter l’accord. »

À propos des implications régionales, Marco Rubio a rappelé que la stabilité du bassin du Congo dépend de la coopération entre les États riverains. Il a évoqué les risques d’une escalade si les forces rwandaises persistaient dans les zones contestées, soulignant que « la communauté internationale ne peut pas rester passive face à une violation claire d’un accord de paix ».

Enfin, le secrétaire d’État a conclu en appelant à un dialogue constructif entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, tout en réaffirmant que les États‑Unis restaient prêts à soutenir les efforts de médiation. « Nous espérons que les deux parties reviendront à la table des négociations avant que la situation ne se détériore davantage », a‑t‑il conclu.

Cartographie des zones de conflit au Kivu